Justin Vaïsse pour le numéro
spécial de Marianne sur les empires, décembre 2003
(Attention : cette
version diffère légèrement de celle publiée)
Depuis que
l’Amérique, ayant atteint le rang de première puissance mondiale, a été parée
des attributs de l'empire, un des sujets de spéculation favoris des historiens
et des commentateurs est celui de son déclin.[1]
Ce débat recèle pourtant bien des pièges : la notion de déclin est
polysémique, et souvent détournée de son sens commun ; celle
"d'empire américain" est contestable.
D'ailleurs les deux
concepts s'entremêlent : si l'on qualifie l'Amérique d'empire, la comparaison
historique implicite conduit naturellement, puisque "tout empire
périra"[2], à
rechercher les symptômes de son déclin dans les analogies que constituent
Athènes, Rome ou la Gande-Bretagne : surextension impériale, coalition de
puissances concurrentes ou surgissement de nouveaux barbares, affaissement
intérieur, mouvement centrifuge des périphéries, etc. Mais que l'on recourt à
la notion "d'empire informel" ou que l'on refuse entièrement, pour
l'Amérique, le concept d'empire au sens de construction étatique[3],
la question du déclin devient secondaire.
Il y a eu, pendant
cinq années environ (1987 – 1992), un âge d'or des théories sur le déclin de
l'empire américain, paradoxalement au moment de la victoire finale sur l'URSS,
et au seuil d'une décennie de croissance exceptionnelle qui vit le PIB
américain bondir de plus d'un tiers. Le récit de ce combat, principalement
américain, entre déclinistes et anti-déclinistes, peut servir de prologue à
l'étude des nouvelles théories sur le déclin des Etats-Unis et à l'évocation
des véritables périls qui guettent, aujourd'hui, l'empire américain.
Le déclin
américain, déjà une vieille histoire
C'est l'historien britannique Paul
Kennedy qui lance la mode du déclin avec son best-seller, Naissance et déclin des grandes puissances,[4] qui
sort en 1987, dans des circonstances historiques propices à l’inquiétude :
comme pour souligner la fragilité de l’économie américaine malmenée par Ronald
Reagan (déficits commercial et budgétaire béants), le Dow Jones perd 508 points
dans la seule journée du 19 octobre 1987. Paul Kennedy se fonde sur l’analogie
avec le déclin britannique, étudié notamment par les historiens de Cambridge[5], et
utilise la notion de surextension impériale. Quand la base économique d’une
puissance ne suffit plus à financer ses engagements militaires à l’étranger, ce
pays souffre de surextension, de drainage de ses ressources, et il décline.
Plus généralement, les auteurs
déclinistes s'appuient sur une vision cyclique et fataliste de l'histoire, dans
la tradition spenglérienne, qui veut que les empires comme les civilisations
connaissent naissance, croissance, déclin puis disparition. Tous s'appuient
également sur l'angoisse économique qui saisit les Américains, angoisse
renforcée par la perception aiguë de la médiocrité du système éducatif
américain et des services publics, ou la perte du leadership sur des secteurs
technologiques de pointe par rapport à d'autres pays. Beaucoup voient
d'ailleurs dans le Japon le concurrent qui va détrôner l'Amérique, un Japon qui
semble avancer là où les Etats-Unis reculent, sur les marchés extérieurs, par
ses réserve de capitaux, y compris ceux de la dette américaine ("le Japon
qui peut dire non"[6]),
dans le secteur des composants électroniques à l'importance stratégique, etc.
Paul Tsongas, homme politique démocrate, résume cette perception d'une
phrase : "La guerre froide est finie, le Japon l'a gagnée."
Toute la classe politique s'empare alors du concept, et en 1989, plus de la
moitié de la population estime que l'Amérique est en déclin.
Les anti-déclinistes ne tardent pas à réagir.[7] Ainsi
Samuel Huntington souligne-t-il que le passage du niveau 40-45% de la
production mondiale à 20-25% s’est effectué lentement jusqu’à la fin des années
1960, exprimant une sorte de retour à la situation d’avant-guerre ; mais
qu’ensuite l’évolution à la baisse s’est arrêtée (cf. tableau ci-joint). Quant
à la surextension impériale, elle a été exagérée, le niveau des dépenses
militaires, à 7% du PIB tout au plus à l'ère Reagan, reste en dessous des 10% cités
par Paul Kennedy lui-même comme limite, alors que l’URSS en est à 18% environ.
L'industrie, soulignent encore les anti-déclinistes, n'est pas en déclin mais
en profonde restructuration.[8]
Mais c’est surtout Joseph Nye qui, dans Bound to Lead, opère le déplacement qui
permet de répondre aux déclinistes.[9]
S'interrogeant sur les critères pertinents pour évaluer la puissance
internationale, il montre que l'Amérique seule détient, dans le monde
postindustriel et interdépendant de la fin du XXe siècle, des atouts que la
littérature décliniste n’a pas su voir. Les critères traditionnels (matières
premières, production industrielle, quantité d’armes, etc.), qui constituent le
"hard power", ne suffisent plus, et pour comprendre le rayonnement de
l'empire américain, il faut prendre en compte également le "soft
power", des ressources intangibles telles que le poids dans les
organisations internationales, l’impact d’une culture universaliste et reçue
dans le monde entier, ou le pouvoir de façonner le cadre des relations
inter-étatiques à son profit, bref un pouvoir exercé par attraction et
consentement et non par coercition et contrainte.
Un déclin politisé
et cyclique
La réplique des anti-déclinistes a
été solide et convaincante, et les événements de la décennie 1990 leur ont
donné raison. La croissance économique retrouvée et le boom des nouvelles
technologies de l'information ont fait mentir le pessimisme industriel, et
contribué à abaisser le niveau des dépenses militaires, elles-mêmes en baisse
pendant quelques années, à guère plus de 3% du PIB à partir de 1996, loin de
toute surextension impériale (notons qu'elles doivent rester, d'après les
projections actuelles, à ce niveau jusqu'en 2010).
Pourtant, l'histoire du débat sur le déclin ne
s'arrête pas là. Pour en comprendre le retentissement, il faut étudier son
éternel glissement vers d'autres signifiés, du champ des sciences (mode
descriptif) à celui de la politique (mode prescriptif), puis de la morale
(déploration et imprécation). Les théories du déclin sont bien souvent des
théories de la décadence – des mœurs, des vertus du travail et de l'effort, du
patriotisme – et l’on sait qu'une partie de la littérature romaine de la
décadence et de la décomposition intérieure a été écrite dans les phases de grandeur
de l’empire (Pétrone, Juvénal, etc.). Bref, derrière le grand débat sur le
déclin se cache souvent une critique politique du pouvoir en place et de la
sclérose d'une société, ainsi qu'un appel à la réforme voire au sursaut moral.
Dans le cas américain des années 1987 - 1992, le thème
du déclin a été utilisé par les libéraux et les démocrates contre les
administrations Reagan et Bush père, pour fédérer les critiques et les dénoncer
avec plus d'efficacité. Les valeurs fondatrices de la République et des Pères
fondateurs ont été abandonnées ; Félix Rohatyn écrit : "Les
magiciens de la finance ont transformé le pays et ses valeurs en un gigantesque
casino. […] La permissivité a érodé notre système de valeurs, de même que la
déréglementation a érodé l’intégrité de notre système financier, pour
provoquer, au final, un désastre."[10]
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'un
"déclin" est proclamé en guise de dénonciation politique et morale.
L’Amérique – comme, du reste, bien des démocraties – semble portée périodiquement
à se pencher sur ses retards et ses imperfections, et pas moins de cinq
poussées de déclinisme ont ponctué la seconde moitié du XXe siècle, en
combinant à chaque fois un choc de politique extérieure, un ralentissement
économique et une dénonciation politique partisane.
Au
début des années 1950, les victoires du communisme en Asie et en Europe sont
exploitées par les républicains qui taxent les démocrates de "mous"
voire de traîtres ; le maccarthysme renforce une phase de doute de
l'Amérique sur elle-même. La prospérité et l'optimisme reprennent le dessus
jusqu'en 1957 – 58, lorsque le lancement du Spoutnik crée un profond choc
national, à l'origine d'une vaste introspection sur le retard technologique et
la médiocrité du système éducatif américains, en sciences et en langues
notamment, exploitée cette fois par les démocrates. Est-ce que l'URSS ne va pas
l'emporter ? Trois autres accès de déclinisme frappent encore les
Etats-Unis avant le grand débat de 1987-1992 : celui de 1968, exploité par
les républicains (offensive du Têt, crise du dollar, assassinats politiques…),
celui de 1973-74 par les démocrates (suites de la guerre du Vietnam, crise
pétrolière, Watergate), et celui de 1980 par Ronald Reagan (Afghanistan, crise
des otages en Iran, stagflation).
Le déclin antiaméricain
On
le voit, le discours sur le déclin de l'Amérique ne date pas d'hier, et se
cantonne rarement à la sphère scientifique. Même Paul Kennedy, qui après tout
ne consacre qu'une petite fraction de sa somme historique au déclin de l'empire
américain – vingt pages finales qu'il décrit lui-même comme fort peu assurées –
avait une visée politique : il implore la classe dirigeante américaine de
ne pas se laisser aller comme les Lords britanniques, qui ont fait passer leur
confort avant l’avenir de l’Empire et le bien-être de l’Angleterre tout
entière.
Plus
récemment, d'autres théories du déclin sont apparues, avec des perspectives un
peu différentes. Emmanuel Todd, qui avait brillamment prophétisé la chute de
l'empire soviétique en 1976, en identifiant correctement les mécanismes de sa
dissolution, prophétise aujourd'hui "la décomposition du système
américain".[11]
Malheureusement,
autant l'ouvrage de 1976 était riche et solide, autant celui-ci est pauvre et
creux, ponctué de clichés navrants ("l'Amérique, pays des femmes
castratrices" ; le bouclier spatial qui "permettrait aux
Etats-Unis de régner sur l'ensemble du monde par la terreur" ;
"l'incapacité des Etats-Unis à percevoir les Arabes comme des êtres
humains" ), marqué par une vision du monde antiaméricaine fantaisiste
où le bonheur et l'harmonie démocratique régneraient spontanément si
l'Amérique, véritable source du mal universel, voulait bien cesser de
"maltraiter les petites puissances" comme la Serbie de Milosevic et
l'Afghanistan des Talibans (le livre a été écrit avant la guerre en Irak), et
reposant sur des contresens en matière économique.
Ainsi,
pour l'auteur, ex-soviétologue, l'économie c'est le concret, l'industrie ;
le reste – services financiers, assurance, communication, etc. – n'est
qu'illusion. Or, l'Amérique se désindutrialise (c'est le même argument qui
était employé par les déclinistes des années 1980), donc Emmanuel Todd déclare
sans rire que l'économie américaine est "fondamentalement
improductive", ce qu'est censé prouver son déficit de la balance
commerciale, comme si produire une masse de jouets de mauvaise qualité à bas
prix était signe de modernité économique. Il tente de s'appuyer sur une mise en
cause de la comptabilité nationale américaine (c'est le thème de l'Amérique –
ENRON, une économie factice), mais aboutit surtout à démontrer sa
méconnaissance des modes de calcul du PIB. Puisqu'elle est en déclin et
dépendante du monde, l'Amérique doit "augmenter massivement sa capacité de
prélèvement sur l'économie mondiale" et devenir prédatrice, ce qu'elle
fait en entretenant l'insécurité internationale afin de justifier sa présence
militaire dont le véritable objectif est de permettre ce prélèvement impérial.
Malheureusement,
le rapprochement avec le tribut impérial romain ou même le phoros athénien esquissé par l'auteur ne tient pas, et celui-ci est
obligé de congédier la réalité gênante en jugeant que les agents économiques
agissent de manière irrationnelle en finançant les déficits américains :
ils continuent "à se soumettre à la vulgate supérieure de notre
temps", et leurs investissements "entrent, littéralement, dans un
mirage". Il serait plus facile de reconnaître que ces agents choisissent
d'investir dans une économie fondamentalement productive et rémunératrice, et
que la baisse du dollar démontre bien leur liberté de placement. Bref, que les
signes de déclin de ce côté sont loin d'être évidents.
Car Emmanuel Todd pose les mauvaises questions sur
l'évolution de l'empire américain, et ne fournit pas de réponse aux bonnes
questions. On trouvera un peu plus de choses dans les travaux de l'historien et
sociologue Immanuel Wallerstein, disciple de Fernand Braudel (et de Rosa
Luxembourg), qui estime que l'empire américain décline sur tous les plans
depuis 1968, et que la stratégie des faucons américains actuels accélère une
chute inéluctable, mais qui pourrait être plus lente si elle était mieux gérée.[12] Même
si la réflexion de Wallerstein repose parfois sur des bases qui posent problème
(telle l'annonce, depuis des décennies, d'un axe Moscou – Berlin – Paris), il
pointe le véritable nœud gordien, si l'on admet que l'économie ne constitue pas
le talon d'Achille de l'Amérique : comme l'écrit Andrew Bacevich, "le
défi premier auquel les Etats-Unis ont à faire face au 21e siècle
est la gestion de l’empire américain informel acquis au cours du dernier
siècle."[13]
En effet, quel genre d'empire est l'Amérique ?[14] Ca
n'est pas un empire destructeur, celui qui conquiert, détruit et déporte, comme
l'Allemagne nazie en Europe, même si certains épisodes de l'expansion
continentale ont pu s'en rapprocher. Ca n'est pas non plus un empire colonial,
même si l'Amérique a connu sa phase impérialiste colonisatrice, avec les
Philippines notamment. Ca n'est pas davantage un empire multiethnique comme
Rome ou l'empire austro-hongrois, même si l'immigration, le multiculturalisme
et la structure fédérale peuvent y faire songer. Non, la forme qui correspond
le mieux aux Etats-Unis est bien celle de "l'empire informel", dont
la Grande Bretagne avait donné l'exemple au XIXe siècle. L'empire américain
règne parfois par ses armes et par ses "coups tordus", mais il règne
surtout par trois mécanismes plus subtils.
D'abord le jeu sur la dissymétrie des rapports
bilatéraux que l'Amérique entretient avec tous les autres pays. Ce nouvel
"empire du milieu"[15],
centre d'un monde morcelé dont il est le seul vrai dénominateur commun, peut
exercer son imperium par un
face-à-face avec des pays qui, pris isolément, sont moins puissants que lui.
Second mécanisme, l'Amérique agit de préférence non pas par la contrainte ou la
conquête, mais par le consensus ou le semi-consensus ; quand un pays
démocratique s'oppose à elle (De Gaulle chassant l'OTAN en 1966 ; la
Turquie refusant les troupes américaines en 2003), elle respecte généralement
ses souhaits et préfère agir dans un cadre mutilatéral pour répartir les coûts
et gagner en légitimité. Car l'ordre et la sécurité qu'elle assure (biens
publics fournis classiquement par les empires) doivent bénéficier à tous ;
les autres pays doivent y trouver leur intérêt et travailler à l'intérieur du
système américain ; on retrouve là le "soft power" décrit par
Joseph Nye.
Or, ces trois mécanismes sur lesquels repose, depuis
1945, l'empire américain, sont mis en péril par la posture actuelle, telle
qu'elle est apparue avec la guerre en Iraq. Washington a suscité une coalition
des non-volontaires refusant ses demandes, et elle a vu son initiative
iraquienne contestée dans sa légitimité, accusée de miner l'ordre mondial au
lieu de le préserver. Bref, le cœur même de l'empire américain, la capacité à
concilier la sécurité et les intérêts de l'Amérique avec ceux de ses alliés, à
intégrer toujours davantage d'Etats et de populations dans son orbite, à rendre
l'ordre qu'elle promeut et les moyens qu'elle emploie à cette fin acceptables
et mêmes souhaitables par les autres, a été mise en péril.
Toute la question est donc de
savoir si cette incapacité est un accident de l'histoire, un écart temporaire,
la conséquence, par exemple, du choc politique consécutif au 11 septembre 2001,
ou bien la nouvelle disposition durable d'une Amérique changée, qui ne sait
plus trouver, à l'extérieur, les voies de conciliation et de modération qui ont
fait sa réussite à l'intérieur. Elle retrouverait alors le destin des grandes
puissances du passé, ouvrant la voie à son possible déclin, et accomplissant
cette prophétie de Fénelon :
Il n'est pas
permis d'espérer parmi les hommes, qu'une puissance supérieure demeure dans les
bornes d'une exacte modération, et qu'elle ne veuille dans sa force, que ce
qu'elle pourrait obtenir dans la plus grande faiblesse. Un règne où éclaterait
une justice si extraordinaire, serait l'ornement de l'histoire, et un prodige
qu'on ne peut plus revoir. Il faut donc compter sur ce qui est réel et
journalier, qui est que chaque nation cherche à prévaloir sur toutes les autres
qui l'environnent. Chaque nation est donc obligée à veiller sans cesse pour
prévenir l'excessif agrandissement de chaque voisin, pour sa sûreté propre.[16]
[1] Ce texte reprend certains passages de notre article " 'Tout empire périra' – le débat sur le déclin des Etats-Unis", paru dans Relations internationales n°94, été 1998, avec l'aimable autorisation de la revue.
[2] D'après le titre de l’ouvrage bien connu de Jean-Baptiste Duroselle.
[3] Au profit, par exemple, de l'analyse de la nouvelle distribution de la puissance à l'âge de la globalisation comme le font Michael Hardt et Antonio Negri dans Empire, Exils, Paris, 2000.
[4] P. Kennedy, Naissance et déclin des grandes puissances, Paris, Payot, 1989.
[5] Ces historiens explorent les idées d’un "empire pétrifié", en surextension, vulnérable à la croissance de l’Allemagne : R. Robinson, J. Gallagher, A. Denny, Africa and the Victorians – The Climax of Imperialism, New York, Garden City, 1961 ; voir aussi les travaux de l’Allemand L. Dehio, ou encore de C. Barnett, The Collapse of British Power, New York, Morrow, 1972.
[6] I. Shintaro, The Japan that Can Say No, New York, Simon & Schuster, 1991.
[7] Voir notamment S. Huntington, "The U.S. – Decline or Renewal ?", Foreign Affairs, hiver 1988 – 1989 ; H. Nau, The Myth of America’s Decline – Leading the World Economy into the 1990’s, New York, O.U. Press, 1990.
[8] Voir les études du MIT et de Laura d'Andrea Tyson sur la productivité industrielle américaine.
[9] J. Nye, Bound to Lead – The Changing Nature of American Power, New York, Basic Books, 1990.
[10] F. Rohatyn, "Le nouvel ordre intérieur ?", Le Débat n°69, mars - avril 1992.
[11] E. Todd, Après l'empire – Essai sur la décomposition du système américain, Paris, Gallimard, 2002.
[12] I. Wallerstein, The Decline of American Power, New Press, 2003 ; voir aussi son article "The Eagle has crash-landed", Foreign Policy, juillet – août 2002.
[13] A. Bacevich, American
Empire : The Realities and Consequences of US Diplomacy, Harvard
University Press, 2002 ; et "Bases of Debate. America in Central Asia : Steppes to
Empire", The National Interest, été
2002.
[14] Cf. notre réflexion plus détaillée sur ce thème, "Les sens de l'empire", in Michel Wieviorka (dir.), L'empire américain ?, Collection Les Entretiens d'Auxerre, Balland, 2004 (à paraître).
[15] Cf. P. Melandri, J. Vaïsse, L'empire du milieu – les Etats-Unis et le monde depuis la fin de la guerre froide, Odile Jacob, 2001.
[16] Fénelon, "Examen de conscience sur les devoirs de la royauté" (rédigé avant avril 1711), Œuvres, II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1997. Cité dans P. Melandri, J. Vaïsse, op. cit.