Pierre Hassner, Justin Vaïsse

 

Washington et le monde :

 dilemmes d’une superpuissance

 

Autrement – CERI, Paris, 2003, 174 pages

 

 

 

 

 

 

Extraits de compte rendus parus dans la presse

 

- Jacques Amalric, Libération, 1er avril 2003

 

« Avec Washington et le monde, Pierre Hassner et Justin Vaïsse ont réalisé le meilleur guide pour initier à la politique étrangère américaine. L'invasion (la libération ?) de l'Irak ne procède pas, en effet, de la lubie d'un homme. Elle est le produit de trois événements : la disparition du bloc soviétique, qui a laissé l'Amérique puritaine orpheline d'une cause planétaire ; le 11 septembre, dont on ne répétera jamais assez combien il a introduit le facteur vulnérabilité dans l'équation américaine ; le succès aussi rapide qu'éphémère de la campagne d'Afghanistan qui a accrédité l'idée (fausse) de guerres rapides menées contre toutes les menaces terroristes potentielles. »

 

 

- Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 27 mars 2003

 

« Comment expliquer le surgissement brutal, dans le sillage de Bush, de cette quintessence de la bonne conscience américaine? Par le 11 septembre bien sûr. Mais aussi par le désintérêt des Européens pour les affaires du monde et pour les questions de défense. Lorsqu’il nous reproche de bénéficier d’une «sécurité gratuite» qui fait de nous les obligés et même les vassaux des Etats-Unis, Robert Kagan a raison. L’indépendance a un prix. Il ne suffira pas demain d’applaudir à la noble posture de Jacques Chirac. Il faudra accepter d’en payer le prix afin de prolonger l’effort.
Ces hommes ont aussi le mérite de nous alerter sur la mobilité et sur la fragilité des alliances dans le monde de l’après-guerre froide. «Ce sont les missions qui déterminent les coalitions, non les coalitions qui déterminent les missions», a déclaré Paul Wolfowitz. La nouvelle géographie européenne et atlantique, surgie de l’hiver onusien que nous venons de vivre, en est la preuve. Qui, par exemple, aurait imaginé il y a six mois qu’il y aurait un axe Paris-Berlin-Moscou? Question capitale: est-il appelé à durer?
Enfin, il nous faut de toute urgence lire et même étudier de près le précis d’Hassner et Vaïsse pour comprendre ce qui se passe à Washington et qui nous concerne au premier chef. Dans deux ans Bush sera peut-être battu, et les spin doctors du «wilsonisme botté» auront alors quitté la scène. On se fera une raison. En attendant, mesurons bien ce qu’ils sont: pour l’ensemble du monde occidental, pour ses valeurs, pour sa place dans le monde, une arme de destruction massive. »

 

 

- Sylvie Kauffmann, Le Monde, 12 avril 2003

 

« "Washington et le monde" : au moment où l'Amérique s'impose militairement à Bagdad contre l'avis de la majeure partie de la communauté internationale, la publication du livre de Pierre Hassner et Justin Vaïsse, sous ce titre, ne pouvait être plus opportune.

Cet ouvrage a deux grands mérites. Il est didactique, et il est subtil. Pour aider à comprendre "les dilemmes d'une superpuissance", les auteurs – le chercheur en relations internationales Pierre Hassner, dont nos lecteurs sont familiers, et le jeune historien français Justin Vaïsse, qui travaille actuellement à la Brookings Institution à Washington – ont réuni les textes les plus représentatifs de l'évolution de la pensée américaine en matière de politique étrangère ces toutes dernières années et du débat qui l'entoure. Car débat il y a, contrairement à l'idée monolithique que l'on se fait généralement en Europe de la toute-puissance américaine. Les textes sélectionnés, classés, expliqués et commentés par MM. Hassner et Vaïsse fournissent les clés de ce débat, ainsi qu'une grille de lecture indispensable pour le comprendre. »

 

- Philippe Tesson, Le Figaro littéraire, 3 avril 2003

 

« A ne voir que la pointe des lances, on oublie quel bois les soutient. La defense du droit masque parfois une soumission a la force. L'usage de la force en revanche n'est pas necessairement depourvu d'ideal. L'Europe, et la France en particulier, devraient s'efforcer de mieux mesurer la portee de ce qui arrive aux Etats-Unis, au monde, et a elles-memes. Le petit livre que Hassner vient de publier avec Justin Vaisse a le double merite, en ces temps de certitudes relatives a l'imperialisme americain, de ne rien trancher ni de ne rien occulter. La retenue dont font preuve les deux auteurs leur permet de mettre en evidence l'ampleur des reflexions nouvelles qui, depuis une vingtaine d'annees, et en particulier depuis la fin de l'URSS, ont conditionne les evolutions de la politique etrangere americaine, tout en les restituant par rapport a l'histoire de celle-ci au cours du XXe siecle. Cette mise en perspective nous contraint a sortir de notre confort intellectuel et ideologique. »